Procès d’Alain Bellefeuille : la défense joue ses dernières cartes
Pendant près de deux heures, mardi, l’avocat d’Alain Bellefeuille a étalé tous ses arguments afin de convaincre les 12 membres du jury de déclarer son client non coupable. Ce dernier est accusé du meurtre du sergent Eric Mueller et de tentative de meurtre à l’endroit de deux autres policiers, Marc Lauzon et François Gamache-Asselin. Le criminaliste Leo Russomanno, a insisté sur le fondement de cette cause, c’est-à-dire que le jury n’a pas à déterminer si Alain Bellefeuille a bel et bien tiré les 17 coups de feu vers les trois agents de la paix. Cela a été admis d’entrée de jeu par la défense. Les jurés doivent plutôt se pencher sur les intentions de l’accusé, à savoir s’il savait qu’il tirait sur des policiers et s’il était en état de légitime défense lorsqu’il a ouvert le feu en leur direction. Deux ans plus tard, M. Bellefeuille craque encore en regardant la vidéo. [...] La Couronne tente de dépeindre mon client comme un tueur de policier et un monstre. Mais il est juste un gars ordinaire. L’avocat de l’accusé a aussi énuméré le fil des événements de cette nuit du 11 mai 2023 à Bourget, de la perspective de son client. Caché dans sa chambre à coucher en tenant sa carabine SKS, Alain Bellefeuille avait raconté qu'il était convaincu d'être victime d’un braquage à son domicile. Lors de son témoignage du 8 mai, l'accusé avait confié qu’il craignait ce scénario depuis qu'un couple d’amis avait été réveillé par des intrus armés, il y a une quinzaine d'années. Sans le dire directement, Leo Russomanno répondait à ce moment à un argument de la Couronne qui avait suggéré 10 options de comportements qu’Alain Bellefeuille aurait pu adopter, par exemple de signaler sa présence, ouvrir la lumière, composer le 911 ou tirer un coup de feu en guise d’avertissement. Le criminaliste Leo Russomanno (à droite) mène la défense d'Alain Bellefeuille. Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin L’avocat de la défense a poursuivi en assurant que son client, qui ne possédait pas de casier judiciaire, Le ministère public a confié le dossier aux avocats François Dulude et Louise Tansey. Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin Lors les 19 premiers jours du procès, les avocats de la Couronne ont présenté 14 témoins. Leo Russomanno a tenu à rappeler aux jurés qu’ils Ce dernier en a énuméré quelques-uns, notamment le fait que le policier avait soutenu avoir fait le tour de la résidence d’Alain Bellefeuille avec son véhicule de patrouille, gyrophares allumés, alors que la défense avait démontré que cela ne s’est jamais produit, en consultant les données du GPS de la voiture. Ces impacts de balles ont été découverts dans le mur de la chambre d'Alain Bellefeuille. Il a tiré sur le sergent Eric Mueller et l'agent Marc Lauzon à travers le mur de sa chambre quelques secondes après leur entrée dans la maison. (Photo d'archives) Photo : Cour supérieure de justice de l'Ontario/PPO La Couronne doit présenter ses plaidoiries mercredi. Jeudi matin, le juge Robert Pelletier va partager ses dernières directives aux 12 membres du jury qui seront ensuite séquestrés pour leurs délibérations. Avec les informations de Frédéric PepinNous disons qu'il y a de nombreuses lacunes dans la théorie de la Couronne. En l'absence de preuves, ces lacunes doivent être comblées par la Couronne
, a lancé M. Russomanno.L’agent Lauzon est entré dans la maison et a marché, sans arrêter, vers la chambre de M. Bellefeuille. Il [l'accusé] n’avait pas le luxe de penser ou d’analyser. Il s’est écoulé 12 secondes entre l’arrivée des policiers et les premiers coups de feu.

n’avait rien contre la police
. M. Russomanno a enchaîné en plaidant qu’Alain Bellefeuille n’avait pas intérêt à tendre une embuscade aux policiers, comme le suggère la Couronne.Le 10 mai 2023 était une journée typique pour lui [l’accusé]. Il était un entrepreneur en construction qui gagnait bien sa vie. Il était fier de son travail. Il se souciait de sa réputation. Dans les jours d’après, il devait débuter de nouveaux contrats. Il avait fait des achats en ce sens. Il avait des projets pour le futur
, a affirmé le représentant du défendeur qui n’a pas quitté le jury des yeux lors de son récit.
Doute sur la crédibilité de certains témoins de la Couronne
ont tous eu de la difficulté à se remémorer certains souvenirs
, s’attaquant particulièrement à l’agent Marc Lauzon. Lors de son contre-interrogatoire du 28 mars, la défense avait remis en question le récit du policier.Son témoignage est irrecevable. Ce que la Couronne a démontré est purement faux. M. Lauzon a admis avoir de faux souvenirs
, a dit le criminaliste. 
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